Dès le 1er janvier 2026, la carte du financement de la formation des ergothérapeutes sera méconnaissable : l’ANDPC, jusque-là pivot des parcours professionnels, appartient au passé. Les lignes bougent, les repères aussi.
À partir de cette date, la prise en charge des formations continues ne passera plus par l’Agence nationale du Développement professionnel continu (ANDPC). Ce sont de nouveaux acteurs, régionaux et nationaux, qui s’installent à la manœuvre, avec des critères d’accès remaniés. Les organismes de formation, eux, n’échapperont pas à la nouvelle règle : obtenir une double reconnaissance, à la fois administrative et pédagogique, pour délivrer des parcours certifiants. Un virage réglementaire qui rebat les cartes, aussi bien pour l’acquisition que pour le renouvellement des compétences du secteur.
Suppression de l’ANDPC et réforme de la formation : ce que la LFSS 2026 change pour les ergothérapeutes
La LFSS 2026 ne fait pas les choses à moitié pour les professionnels de santé et les structures médico-sociales. En supprimant l’ANDPC, elle bouscule tout l’écosystème de la formation continue des ergothérapeutes. Désormais, la CNSA prend la barre de la branche autonomie et gère la Contribution Financière pour l’Autonomie (CFA). Une partie de cette enveloppe est réorientée vers les ESSMS et EHPAD pour soutenir les projets de formation. L’assurance maladie, elle, se retire d’une partie du jeu ; la loi redéfinit clairement son rôle dans le parcours des professionnels.
Sur le terrain, les agences régionales de santé (ARS) prennent désormais l’ascendant pour guider les établissements dans la mise en œuvre des nouveaux dispositifs. La CNSA, qui reçoit directement la CFA, redistribue les crédits selon des critères ajustés par le ministère de la Santé et le Sénat. Ce maillage territorial apporte une dynamique inédite à la gestion des modalités pratiques :
- sélection des organismes de formation
- définition des priorités
- suivi de la qualité pédagogique
Objectif affiché : garantir l’accès à des formations qualifiantes, tout en tenant la ligne du budget annuel consacré à la montée en compétences.
Pour les ergothérapeutes, ce nouveau paysage impose d’ajuster leurs habitudes. Tout change : modalités d’inscription, gestion administrative, validation des formations. Les échanges avec les organismes agréés se densifient, tandis que la mutualisation entre établissements devient une évidence. Ces nouvelles procédures, loin d’être de simples contraintes, ouvrent la porte à des parcours plus cohérents et mieux adaptés à l’évolution rapide du secteur.
Quelles nouvelles modalités pour se former en ergothérapie à l’ère du numérique ?
La formation professionnelle en ergothérapie fait sa mue, portée par la montée en puissance des outils numériques. Les instituts de formation en ergothérapie (IFE) modernisent leurs offres : le distanciel prend une place de choix, mais sans effacer le présentiel. Les professionnels, qu’ils exercent en structure ou en libéral, profitent désormais de classes virtuelles interactives, de modules en e-learning ou d’ateliers synchrones. Certains sont animés par des références du métier comme Christel Ortis ou Marie Piccardi, preuve que la pédagogie s’enrichit de l’expérience terrain.
La certification Qualiopi, obtenue par des organismes comme Mandyben Formation, devient la garantie d’une offre structurée et exigeante. Pour les libéraux, le dossier de financement FIFPL est à surveiller de près : il faut rester attentif aux critères d’éligibilité, qui évoluent. Les salariés, eux, s’appuient sur le CPF pour construire des parcours certifiants ou spécialisés. Les plateformes progressent, simplifiant l’inscription, facilitant le suivi des acquis et proposant un accompagnement personnalisé, même à distance.
Autre nouveauté : l’intelligence artificielle s’invite dans le contenu des formations. De nouveaux modules abordent l’utilisation de Facil’Ordys, l’optimisation du dossier MDPH ou l’analyse de situations complexes. Les thématiques s’élargissent : suivi des troubles du neurodéveloppement, interventions en crèche ou en EHPAD, outils numériques pour la prise en charge des patients. Ces compétences deviennent vite incontournables, tant pour évaluer les situations cliniques que pour dialoguer avec les familles et les partenaires institutionnels.
Voici les différents leviers et outils qui structurent aujourd’hui la formation en ergothérapie :
- Financement : FIFPL, CPF, accompagnement par les organismes agréés.
- Modalités : distanciel, présentiel, ateliers hybrides, modules interactifs.
- Outils : GEVASCO, Facil’Ordys, IA, plateformes de gestion de parcours.
La profession s’organise autour de réseaux associatifs (ANFE, SYNFEL Ergolib, WFOT) qui favorisent la mutualisation des ressources et l’innovation pédagogique. Les ergothérapeutes, eux, ajustent leur pratique pour rester en phase avec un secteur en pleine mutation, où la réglementation et la technologie avancent à grand pas.
Demain, la formation des ergothérapeutes ne sera plus un simple passage obligé, mais un fil conducteur : celui d’une expertise qui évolue, portée par des pratiques renouvelées et des outils à la hauteur des défis de terrain.


